COMBRAILLES ■ À l’inverse des Combrailles proches de Clermont, le grand calme gagne les zones éloignées

COMBRAILLES (2)

À l’inverse des Combrailles proches de Clermont, le grand calme gagne les zones éloignées

Dans l’Auvergne du bout du monde !

À partir d’une certaine distance,la vie n’est plus la même dans les Combrailles. Malgré un environnement naturel et humain

incomparable, le reste est quand même… un peu loin !

Après la Combraille  rayonnante, celle où l’on se réugie pour prendre un peu de distance avec une ville jugé oppressante et inhumaine,nous sommes allé plus loin, direction Pontaumur. Pas vraiment au bout du monde mais quand même àtrois quarts d’heure de Clermont et qui, après avoir maintenu quelques 900 habitants jusqu’aux annés 80, a subi une lente érosion qui lui a fait perdre, depuis, un quart de sa population.

M. et Mme Briclot qui tiennent là depuis 1977, l’hôtel restaurant du Sioulet, le long de la D 941 qui conduit en Creuse sont aujourd’hui les plus anciens commerçnts du village.

Mortelle autoroute ! « Les choses ont bien changé depuis mon enfance, explique Mme Briclot.C’était un village très vivant. On éait sur un axe qui allait de Grenoble àl’océan et beaucoup de touristes, mais aussi de voyageurs de commerce, couchaient là .Tout s’est arrêté en 2006 quand on a ouvert l’A89 » (qui évite Pontaumur, via BromontLamothe, à15 km à l’est). Depuis, Pontaumur, qui avait toujours été plus peuplé que BromontLamothe, a aujourd’hui…250 habitants de moins ! Certes, quelques jeunes urbains sans emploi, attiré là par des loyers imbattables (*), ont quelque peu freiné cette décrue…sans apporter pour autantle moindre dynamisme. « La population a vieilli, les commerces ont fermé. Restent les agriculteurs bien sûr, quelques commerçnts, artisans, et ceux qui travaillent ailleurs, chez Aubert & Duval aux Ancizes, chez Faure (bâiment)Innov’ia (poudres, granulé)… sans compter tous ceux qui vont travailler tous les jours àClermont. Au total, on a beaucoup perdu, et pas gagné grand chose, mais on a gardé cette proximité qui fait qu’on regarde chaque jour  si le voisin a ouvert ses volets ». Bref, pour 15 malheureux kilomères qui la séparent de l’autoroute, Pontaumur semble touché par un étonnant déclin ! Qu’en sera t il plus loin dans lesCombrailles ?

Calme à Charensat

Cap plein nord sur Charensat , à une heure et quart de Clermont qui lors du dernier recensement a gagné… deux habitants(524) ! Les rues sont désertes, mais sur le bord de la route, la boutique Deboudard est encore ouverte. On y distribue des boissons des kilomères à la ronde, insensibles au fracas des grumiers qui passent et repassent chargéd’énormes billes de bois. C’est là que travaille Nathalie,  une fille du pays qui, après vingt ans passés à Paris, est revenue trouver  une tout autre tranquillité: « Il nous reste un médecin, un boucher, une boulangerie et un bar. Pour l’école, deux classes multiples d’une douzaine d’élèves chacune subsistent, le collège est à Saint Gervais, et après c’est ailleurs ». « On n’est pas très optimistes », ajoute t elle. Malgré un foncier imbattable (on a trouvé des terrains à 2 €le m², pas de maisons neuves, mais depuis quelques annés beaucoup de jeunes attirés par le prix des logements et qui souvent se lèvent quand les autres se couchent. « Ici, on connaît bien nos voisins, parfois trop, mais ceux là on ne les connaît pas. »

Quant à l’étang de Chancelade q u i s ’ étend à deux kilomères de là sur 132 ha, il reste boudé par les touristes. Même si la nature y est belle, sauvage, il semble rappeler qu’il ne faut pas qu’elle soit trop loin !

 

(*) Ce phénomène n’est pas spéifique aux Combrailles. Nous l’avons rencontré dans tous les villages éloigné de Clermont. À partir d’une certaine distance, la vie n’est plus la même dans les Combrailles. Malgré un environnement naturel et humain incomparable, le reste est quand même… un peu loin !e plus grand étang du Puy-de-Dôme, à 2 km de Charensat et aux frontières de la Creuse, on ne rencontre que de rares pêcheurs. PASCAL CHAREYRON

 

CABANES DES COMBRAILLES

Personne n’y croyait, mais il est allé jusqu’au bout de son rêve : crér un village gaulois, dans les arbres, à SaintGervais! Michel Portier, 47 ans, enfant du pays, a construit seul, pendant trois ans, ses huit cabanes perchés et ses deux huttes qui attirent, depuis l’ouverture en 2010, jusqu’à 4.000 personnes par an ! Il élève là à une heure de Clermont, ses trois enfants sans inquiéude pour l’avenir : « Il y a toujours quelque chose à faire, on a une nature sublime, on est totalement autonomes… avec Internet qui nous a beaucoup aidé. Et si on est à une heure de Clermont, les kilomètres se font vite, sans feux, sans stops. Il n’y a que pour la santé qu’on est quand même un peu loin ! »

 

“La Montagne” du mardi 01 septembre 2015

Arnaud Vernet

Article complet , cliquer ci dessous:

La montagne du 01septembre2015

 

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